L'Histoire de Kamereon évolue au fur et à mesure que les membres du site relèvent ses défis ; c'est une sorte de fiction crée en collaboration et dont les événements dépendent de la réussite de nos auteurs. L'histoire est évidemment complètement originale et appartient aux membres du site ; c'est Sonata qui est en charge de rédiger et mettre à jour le texte à la fin de chaque défi. Veuillez ne rien copier sans autorisation, toute copie peut être punie par la loi Française selon la licence Creative Commons.
Les grands géants de la cité s'élèvent de leur corps de béton dans le ciel nocturne. Chaque nuit, leurs ombres protectrices offrent libre cour aux événements les plus étranges... Mille et une légendes ont déjà été inventées sur les ombres que l'on voit courir sur les murs à la nuit tombée, et ces légendes, elles ont des conteurs bien particuliers pour les créer. Une fois de plus, Misu se glissa hors de chez lui par la fenêtre de sa chambre qui donnait sur le balcon. Le vent nocturne était glacé comparé à celui de journée dont la chaleur écrasante rappelait éternellement la saison estivale qui leur était tombé dessus sans crier garde. Ramenant un peu plus un pan de gilet sur son torse, il tira sa capuche sur son nez avant de se glisser sur le petit bout de toiture qui s'offrait sous son balcon, suffisamment près pour lui permettre de s'y poser sans un bruit et ainsi de longer le mur de la maison jusqu'à un lampadaire qu'il descendit agilement, comme un pompier en pleine urgence, en descendant ensuite d'un bond pour disparaître d'une traite dans la nuit urbaine.
Les voitures continuaient de se perdre dans le labyrinthe urbain à cette heure-ci : travailleurs bien alcoolisés à la recherche de compagnie ou fêtards qui ne voulaient pas rejoindre les bras de Morphée avant la levée du jour, aucun d'entre eux ne se doutait de ce qui se tramait tandis que certains enfants se glissaient dans l'ombre des ruelles. Misu connaissait parfaitement le chemin à prendre, son regard émeraude n'avait pas besoin de chercher le moindre indice sur sa destination car il aurait pu s'y rendre les yeux fermés. Personne ne pouvait atteindre cet endroit sans en connaître le chemin, il s'en était assuré le jour où il avait voulu avoir sa propre cachette secrète. Parvenant à une petite toiture basse qui permettait d'y grimper au moyen de poubelles entreposées à côté, il se hissa dessus en toute discrétion pour se retrouver dans d'étranges "ruelles de toitures", des passages que personne n'aurait imaginé prendre.
Parvenant enfin à sortir d'un passage étroit entre deux murs, il put admirer avec un large sourire ce qui se présentait alors à lui : une petite place circulaire entre les maisons qui n'était atteignable que par quatre chemins parfaitement cachés et qui menait à un abri improvisé créé de toutes pièces par ses merveilleuses mains. Il retira son sac de son épaule pour commencer à l'ouvrir tout en se dirigeant au pas de course vers la petite maisonnette qui abritait déjà quelqu'un à en voir la lumière qui en sortait, lumière due à une lanterne qu'il avait pu substituer dans le grenier de ses grands parents. Il sorti fièrement de son sac un journal tout en pénétrant dans la pièce.
« Regardez un peu ça ! »
Mais le silence lui répondit : dans la cabane ne se trouvait qu'une jeune fille, assise de façon un peu tendue sur un des poufs qui leur servait de sièges lors de leurs réunions. Un peu déçu de ne point voir ses autres camarades, Misu se rapprocha tout de même de la jeune enfant aux couettes noires dégradées de rouge, qui ressemblait presque à un miroir du jeune homme, et le fixait avec curiosité.
« Tiens Sonata, lis-moi un peu ça, notre travail a encore fait des étincelles ! »
Il déposa entre les mains de la jeune fille aux grands yeux le journal qu'elle se mit à décrypter avec grande attention mais sans un mot. Sur la première page, un gros titre disait "Une ombre dans la nuit, le Maître des Jeux" et une photo un peu floue accompagnait une description à propos d'une nouvelle légende urbaine plus véritable que les autres et qui faisait trembler le voisinage. Évidemment, la légende était une fois de plus de leur création, mais cette fois-ci plus que les autres fois elle avait réussi à attirer l'attention de ceux qui avaient bien voulu écouter. Le Maître des Jeux était un mystérieux personnage qui lançait un défi à la nuit tombée à qui de droit et, s'il ne parvenait pas à le relever, l'enlevait en ne laissant aucune trace. De nombreuses disparitions avaient été attribuées à cette légende à présent.
« Alors, c'est pas génial ? », demanda Misu avec un grand sourire.
Même si Sonata ne répondit pas, un sourire timide sur son visage de poupée suffisait à montrer son accord avec le jeune homme. Mais alors qu'ils pensaient être seuls et que Misu se lançait dans son habituelle fanfaronnade, fière comme un paon d'être parvenu à tromper autrui par son ingénieuse légende urbaine, ils ne s'attendaient pas à soudain entendre une voix trainante et profonde retentir à l'extérieur de leur cachette.
« Fabuleux, fabuleux ! »
Misu sursauta, faisant volte-face alors que Sonata se relevait d'un bond. Décontenancés mais plus curieux que terrifiés, les deux jeunes gens se précipitèrent hors de la cabane pour voir qui se trouvait ici. Debout sur une des rares toitures, un étrange homme dans un blouson long vert les observait avec un large sourire sur le visage. Les enfants ne pouvaient voir que la partie inférieure de la tête de l'inconnue, l'autre partie était cachée par un capuchon qui lui retombait sur le nez, lui donnant l'apparence d'avoir des yeux de caméléon.
« Comment il a trouvé le chemin ?, s'étrangla Misu.
-Merveilleux, je n'aurai jamais cru que vous seriez si jeunes, haha !
-Qui t'es toi ?!, s'impatienta le garçon avec colère.
-Allons, allons, j'en ai donc oublié la politesse... »
L'inconnu croisa les bras en riant à nouveau mais ne décampa pas de son perchoir, restant à bonne distance des deux jeunes gens tandis qu'il commençait, avec de grands gestes exagérés, à se présenter.
« Je suis Kamereon, mais vous pouvez m'appeler le Maître des Jeux.
-Quoi ? »
Misu retint une grimace perplexe en tournant la tête vers Sonata, lui murmurant que ledit Kamereon était un parfait malade mental ou un imbécile, mais visiblement son petit mot ne passa pas suffisamment discrètement car soudain Kamereon perdit son sourire, levant le nez avec agacement. Son œil jaune brilla sous sa capuche et entre ses mèches de cheveux alors qu'il les détaillait d'un regard hautain.
« Ce n'est pas très polit de votre part, moi qui venait vous récompenser...
-Arrêtez la supercherie !, cria Misu. Vous êtes complètement fou, déguerpissez d'ici avant que ce soit moi qui vienne vous chercher ! »
Mais à peine Misu avait-il achevé sa phrase que soudain Kamereon sauta de son perchoir, atterrissant pile devant l'enfant qui retint un cri et tomba sur le séant, n'ayant pas eu le temps de se rattraper à la main que Sonata lui avait tendu. La jeune fille elle-même avait le regard fixé sur l'étrange malade qui leur faisait face, semblant particulièrement décontenancée.
« Puisque vous aimez tant que ça les légendes, jouons à un jeu : relevez donc mon défi... »